La Flavescence dorée a la conquete du vignoble européen !

Publié le par Daniel NOEL-FOURNIER

Le Mouvement d'Agriculture biodynamique (MABD) s.cornu@bio-dynamie.org sollicite des témoignages sur des expériences alternatives pour lutter contre la flavescence dorée.

Ce texte est une contribution ,appuyé sur notre expérience.

Lors de l'apparition des premiers foyers de F.D dans le vignoble français,en Languedoc et ensuite dans le Bordelais,nos "expert",spécialistes "du marteau pour écraser les mouches"nous avaient promis,avec la bénédiction des Pouvoirs Publics,et la complicité passive de certaines organisations"bio" ,autoproclamées représentatives;,que l'insecte vecteur(scaphoideus titanus) ou Ciccadelle de la F.D serait DETRUIT !

Les applications massives,répétées d'insecticides durant la végétation de la vigne,sur un grand périmètre autour des parcelles atteintes ,devaient enrayer la propagation de la maladie et permettre aux vignerons de dormir tranquilles.

Outre le fait d'empoisonner l'écosystème,les humains,les animaux,ces grands"savants" ont feint d'ignorer que ces foyers contaminateurs s'étaient exprimés sur de jeunes vignobles (moins de 10 ans) et servaient de réservoir de phytoplasme a l'insecte piqueur qui transporte le virus de pied a pied!

Cassons la pendule(l'insecte)et l'heure ( la F.D) s'arretera !

Belle logique dont 30 ans après on mesure le résultat!

Mais tous étaient rassurés et les bidons d'insecticides étaient(comme par hasard )disponibles chez les commerçants.

Donc,tous étaient satisfaits,sauf quelques irréductibles,attardés,pratiquant l'agriculture biologique,qui voyant le travail réalisé,,depuis tant d'années, pour maintenir l'équilibre et la biodiversité dans leur vignoble(qui sera de toute façon)mis a mal par les traitements obligatoires réalisés par des voisins,ont préféré faire profil bas,et officiellement effectuer les traitements ,en obtenant des distributeurs des factures de complaisance et en laissant les bidons dans leurs magasins.

Derrière,les grands lobbys de la phytopharmacie,véritables "pousses aux crimes" se frottaient les mains,car eux,bien sur,savaient très bien que le résultat obtenu par les traitements insecticides obligatoires,systématisés et a répétition ,auraient peu de résultat sur la contention de la F.D.Malgré celà,les surfaces traitées augmentaient tous les ans..et ça,c'est bon pour le buisness !

Les conséquences ne se sont pas faites attendre :

- destruction de la faune auxilliaire

- sélection naturelle des prédateurs

- disparition des quelques oiseaux encore présents dans le vignoble,ceux-ci étant déjà mis a mal par le systéme agrocultural chimiqué,mis en place depuis des années(une mésange consomme jusqu'à 30 fois son poids d'insectes chaque jour !)Vous pouvez toujours les chercher dans les vignes ,elles ont disparues.Conséquence des traitements,de la mécanisation,de la disparition des arbres et des haies,dans les déserts viticoles modernes(Ex:Médoc,Champagne,Entre Deux Mers,ect..)

- Explosion des maladies de dégérescence, chez les hommes , causées par l'épandage des produits neurotoxiques (si ce n'est pas vrai,pourquoi la MSA 33 a réalisé des enquetes sur une cohorte de personnes en contact avec ces produits .)

La F.D est symptomatique de la dégénérescence de la vigne et des viticulteurs,qui,passés du statut de paysan-vigneron(souvent en polyculture élevage) a celui de vigneron chatelain,exploitant une main d'œuvre,souvent immigrée,de laquelle on peut tout exiger.

Derrière leurs ordinateurs,ces hommes d'affaires,commandent des produits que les autres épandent ,en se souciant seulement du prix !

Comme ensuite l'œnologie moderne fait tous les jours des miracles,ces vignes déséquilibrées produisent des raisins avec lesquels on obtiendra les félicitations de gens qui, a Paris ou a Los Angeles ,n'ont jamais taillé un pied de vigne .C'est l'aboutissement de 100 ans de monoculture de cépages,de clones,d'agrochimie débridée,.C'est la preuve par l'absurde de l'impasse dans laquelle ces "spécialistes" ont mis la viticulture,appuyés par des lois iniques,faites par les politiciens aux ordres,leurs complices !

Alors que faire ?

Ne pas essayer d'empecher la présence de l'insecte qui porte la mort dans le vignoble serait criminel!

Le combat est une lutte collective ,préventive et a long terme .

En attendant de revenir a des méthodes plus raisonnables,plus écologiques et sociales de conduite de la vigne,la résistance doit s'organiser collectivement.

Les mesures prophylactiques couteraient moins cher ,a court et a long terme,que les traitements insecticides. :

- Visites systématiques,,pied par pîed,de toutes les parcelles,en végétation

- Réduction du réservoir de phytoplasme par destruction(arrachage et brulage immédiat) de tous les pieds suspects de porter la virose.

- Réorganisation de l'espace viticole par la plantation de haies pour accueillir les oiseaux et la microfaune

- destruction des vignes abandonnées(c'est la Loi,mais elle est rarement appliquée,contrairement aux poursuites pour non traitement !)

-Brulage des bois après la taille

-Enherbement des vignes pour rompre la monoculture et accueillir les auxiliaires

-Ecorçage des piquets en bois,abris idéal des pontes des insectes et traitement des pieds,jusqu'au sol,apràs la taille et avant le débourrement(destruction des formes hivernantes de l'insecte) avec des huiles( autorisées en bio)

- Introduction des poules ,des la fin des vendanges au débourrement,qui consommeront les larves d'insectes jusque sous les écorces des pieds.

-Durant la période végétative,pulvérisation de préparation de plantes et d'huiles essentielles insectifuges (voir les travaux d'Eric Petiot et de l'Association ASPRO/PNPP)

ECT.....

En guise de conclusion provisoire

Si les vignerons pensent que les traitements insecticides obligatoires sauveront leurs vignes,alors qu'ils réfléchissent a ce qui suit :

En 1997,en Gironde ,se déclanche un foyer de F.D a GENSAC,sur une jeune plantation.Le périmétre de traitement exigé était de 5 Kms de rayon autour de la parcelle.15 ans après 50% du vignoble girondin était en traitement obligatoire.

La F.D est apparue,il y a 3 ans,au Nord Portugal,a plus de 800 kms des foyers identifiés.Ce n'est pas l'insecte,(qui est pratiquement présent dans tous les vignobles européens qui a pu transporter le phytoplasme) car il est peu mobile.La Bourgogne,aprés la Savoie(pourtant bien isolée) est atteinte.Le Val de Loire est sous la pression et la Suisse Romande n'y échappe pas.

Le commerce débridé,permis par l'ouverture des frontières,a eu pour conséquence la circulation de plants de vignes(pardon:de matèriel végéta,comme ils disent) contaminés.

Les mesures de chauffage des jeunes plants,avant plantation,préconisé par Mme BOUDON-PADIEU de l'INRA n'est toujours pas généralisé pour d'obscures raisons,qui tiennent plus a la qualité des plants fournis par les pépiniéristes qu'aux fausses barbes invoquées.

Les miracles promis par l'introduction d'un insecte ,prédateur naturel de la cicadelle, ne se sont toujours pas produits(a notre connaissance),malgré les sommes énormes dépensées pour en faire la recherche au Canada et aux USA.

Certains, bien sur,vont attendre la solution poussée en douce et discrètement par nos"chercheurs",les vignes OGM résistantes aux diverses viroses phytoplasmiques

Sans attendre,pour ceux,patriotes viticoles,qui ont encore un peu de bon sens,comme Emmanuel GIBOULOT,prennez soin de vos vignes,ne faites rien qui risque d'abaisser la biodiversité du vivant car cela aura pour conséquence l'abaissement de la vitalité,l'augmentation de la morbidité de la vigne( et du vigneron!)

Vous ne pouvez pas raisonner comme un grand œnologue ,gourou du vin,qui entre deux avions déclare:"Si demain,il ya des vignes sur la Lune"j'irais y faire du vin"

Alors :Courage

NO NOCERE !

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D
Nous avons été nombreux à signer l'appel au soutien d'Emmanuel Giboulot face à la rigueur républicaine. 481 746 signature en quelques jours, dont la mienne, plus la présence physique de quelques vignerons et 500 à 600 sympathisants devant le tribunal le 24 février… pour un réquisitoire d'apaisement et une mise en délibéré au 7 avril prochain.
J'en suis content pour lui, et pourtant, pourtant, un léger malaise trottine entre mes oreilles, surtout depuis que j'ai écouté la chronique de Philippe MEYER lundi 24 à 7h56, sur "les matins de France-Culture, ou que je reçois en moults exemplaires les appels à pétition. Une inexactitude se loge dans les propos de certains media : l'insecticide obligatoire n'est pas un insecticide chimique. Cela ne change pas grand-chose sur le fond, un insectiCIDE est fait pour tuer des insectes, mais sur la forme c'est tout autre chose, car à laisser planer un doute sur la connaissance du fait, c'est sur toute l'argumentation que le doute s'instaure.
La rhétorique ne manque pas aux opposants de la bio. Il me semble qu'il n'est pas nécessaire de prêter le flan à une attaque ridiculisante. Ce qui bien entendu n'empêche pas de se poser des questions sur de possibles alternatives, et les acteurs de la viticulture biologique n'ont pas attendu d'avoir le couteau sous la gorge. Je peux citer un cas parmi d'autres, emblématique puisque très proche d'Emmanuel Giboulot, c'est celui de Marc Guillemot à Clessé. Marc a mené en 2013, en collaboration avec ViniVitisBio, Agnès Cousin, et financés par la société Argiservices, des essais de contrôle des populations de cicadelles FD, à base d'argiles kaoliniques crues et cuites; les résultats sont dans ce numéro, et nous avons bien l'intention de poursuivre ces expérimentations en 2014, en suivant aussi d'autres pistes.
Les voies de réduction de populations de cicadelles sont nombreuses, la phytopharmacie d’origine naturelle étant inépuisable, mais deux écueils émergent sur les mers de Dionysos.

1°) En France, toute revendication à caractère « cide » (Fongicide, bactéricide, insecticide) doit faire l’objet d’une demande d’AMM, et peu de fabricants sont près à soutenir le coût de cette revendication. Les actions CASDAR qui pourtant engouffrent des budgets conséquents ne débouchent sur rien de concret, si ce n’est fournir des fonds de fonctionnement aux institutions gloutonnes, jalouses de leurs prérogatives.
L’INRA, qui vient de se faire rappeler à l’ordre par un collectif de scientifiques au sujet d’un rapport fallacieux remis en octobre dernier au ministre, n’a pas mis un centime efficace dans l’alternatif depuis 30 ans. A moins que les OGM ne fasse partie des alternatives…
L’IFV, tant bien que mal, mène des actions de terrain, de débroussaillage, vérification d’efficacité des allégations entendues ici ou là, et c’est très bien, mais la volonté politique ne semble pas à la hauteur des déclarations faites autour du Grenelle de l’environnement
Les chambres d’agricultures sont verrouillées par leur gouvernance, et si le syndicat au pouvoir est défavorable à la bio, les techniciens sont muselés.

2°) la flavescence dorée n’est qu’une jaunisse à phytoplasme parmi d’autres. Tout ce ramdam pour lutter contre 1 vecteur, alors que la diffusion de la FD en Bourgogne est liée au transport de plants infectés, à cause d’une politique de production basée sur l'exploitation à outrance, et un renouvellement trop rapide des parcelles, même en AOC, qui à conduit les pépiniéristes à vendre n’importe quoi, souvent de bonne foi. Et quid des autres maladies à flavescence ?

Le réel progrès viendra, au –delà des actions de prophylaxie collectives mises en place par les GEDONS ou autres groupements professionnels, et je pense en particulier aux journées de dépistage collectif mises en place par Vitibio Poitou-Charentes, d’une découverte sur les phytoplasmes, et sur un moyen d’action directe, in vivo.

Quant au renforcement de la vitalité des vignes, dont la biodynamie est un acteur majeur, il est naturellement à poursuivre, mais résoudra-t-il à court terme le grave problème sanitaire qui a déjà conduit de nombreux vignerons à arracher et remplacer une parie de leur outil de travail ?
La préservation, voire l'amélioration, de cette vitalité est primordiale, nécessite les efforts conjugués de tous pour réduire l'impact des maladies qui surgissent, comme la FD, alors que les plus anciennes (l'esca) n'ont encore pas trouvé de remède. C'est dans ce but que nous préconisons des méthodes de culture mettant en œuvre des préparations à base de plantes, en biodynamie comme en agrobiologie, des couverts végétaux variés abritant les prédateurs, et aux racines profondes dont les mycorhizes colonisent les racines de la vigne pour tirer de la terre son essentiel tout en renforçant ses défenses faces à des agressions climatiques ou pathogéniques.

Daniel PASQUET
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N
Cet article a été écrit par Daniel NOEL,70 ans ,Fondateur de VINI VITIS BIO,membre des Pionniers de la Bio
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